L'Histoire et les Origines de Cotehele
La présence de Cotehele dans la paroisse de Calstock, nichée dans l'est de la Cornouailles en Angleterre, s'étire à travers plusieurs siècles d'une habitation continue et fascinante. Les archives nous révèlent qu'un homme nommé William de Cotehele était déjà lié à ce lieu dès 1270. La lignée du domaine connut un tournant décisif en 1353, lorsque William Edgcumbe acquit la propriété par son mariage avec Hilaria, l'héritière de Cotehele. Cette union scella un lien indéfectible entre la famille Edgcumbe et le manoir, une alliance qui allait perdurer à travers les générations.
La demeure elle-même est une maison médiévale qui s'est métamorphosée au fil du temps par diverses extensions de l'époque Tudor. Elle demeure un manoir de granit et d'ardoise, s'étendant avec élégance sur les rives de la rivière Tamar. Si les parties les plus anciennes de la demeure actuelle remontent peut-être au début du XVe siècle, le bâtiment a évolué au gré des nombreuses étapes de son occupation. Les Edgcumbe revinrent finalement à Cotehele durant la Seconde Guerre mondiale, préservant ainsi un lien sacré avec la terre jusqu'à l'ère moderne. Aujourd'hui, la propriété est conservée par le National Trust.
L'Architecture du Manoir
Le manoir se déploie comme une structure sinueuse de granit et d'ardoise, nichée avec élégance sur les rives de la rivière Tamar. Sa silhouette est sculptée par la présence de trois cours distinctes : la cour de la salle (Hall Court), la cour des retaineurs (Retainers' Court) et la cour de la cuisine (Kitchen Court). Si les fondations les plus anciennes de la demeure actuelle pourraient remonter au début du XVe siècle, l'essentiel de la structure visible a pris forme lorsque la famille Edgcumbe a reconstruit le domaine après 1485. La chapelle, véritable joyau spirituel et composante essentielle du domaine, fut quant à elle autorisée dès 1411.
L'agencement même du bâtiment témoigne d'une longue histoire faite d'habitations continues et de transformations successives. Classé monument historique de premier ordre (Grade I) le 21 juillet 1951, l'édifice impose le respect. Ses murs de pierre et ses imposantes portes en plein cintre dégagent un sentiment de permanence immuable, resté largement inchangé depuis cinq siècles. L'architecture suit fidèlement le style traditionnel Tudor, un héritage précieusement préservé à travers les âges grâce à la volonté de la famille de maintenir la demeure dans son état originel.
Trésors et Reliques Historiques
L'intérieur de la demeure abrite une collection de mobilier historique et de tapisseries qui témoignent de siècles de vie et de présence humaine. Dans la chapelle, le buffet de Cotehele et l'horloge de Cotehele demeurent dans leur cadre originel, figés dans le temps. Cette horloge est une rareté absolue, s'imposant comme la plus ancienne horloge de clocher du Royaume-Uni encore en état de marche, préservée dans son emplacement initial et sans aucune altération. Son installation remonte probablement à la période comprise entre 1493 et 1521.
La salle des armures, quant à elle, dévoile des plastrons massifs et de gigantesques épées larges qui imposent le respect. À proximité, des chaises sculptées et des animaux naturalisés habitent les espaces, enrichissant l'atmosphère singulière du manoir. Ces objets ne sont pas de simples ornements, mais les vestiges tangibles de la longue et riche histoire de la famille Edgcumbe au cœur de cette demeure.
Les Jardins et le Domaine
Le domaine se déploie à travers un paysage de vastes bois et de campagnes bucoliques, offrant des panoramas saisissants sur la vallée. Au cœur du Jardin de la Vallée, un bassin de pisciculture repose, alimenté par une source jaillissant du puits situé sous la gloriette de l'époque victorienne. Cette étendue d'eau pourrait être l'héritage du bassin médiéval originel, autrefois utilisé pour conserver le poisson destiné aux cuisines. La présence paisible de l'eau demeure une constante immuable dans ces parties basses du domaine.
Le Jardin Supérieur, quant à lui, abrite un pigeonnier médiéval, des bordures de plantes vivaces et un verger plein de charme. Ces espaces sont reliés par des cours pavées qui serpentent vers le moulin à eau, toujours en activité. Ce moulin, datant du XIXe siècle, demeure un témoin fonctionnel de l'histoire du domaine. L'aménagement paysager épouse les contours naturels du coteau, guidant le regard vers les eaux de la rivière Tamar.
- Mrs Phyllis Julyan's Garden, 1985 - Mary Martin
- Lily Pond at Cotehele, 1972 - Mary Martin
- Harvest Tea, 1983 - Mary Martin
- The White Bed, Cotehele, 1982 - Mary Martin
- Cider Making at Westcott Farm, Cornwall, 1981 - Mary Martin
- Yuletide Festivities in Cotehele Hall, 1985 - Mary Martin
Le quai de Cotehele et le commerce fluvial
Le quai s'étire le long des rives de la rivière Tamar, un lieu pittoresque qui témoigne de l'ancienne activité maritime de la région. Au cours du XIXe siècle, ce secteur faisait office de plaque tournante bouillonnante pour le commerce fluvial. Le mouvement incessant des marchandises et des navires dictait autrefois le rythme de la vie le long de ce cours d'eau, créant une symphonie de labeur et de voyage.
La présence de la barge de plaisance Tamar, la Shamrock, restaurée avec soin, offre un lien tangible avec cette histoire séculaire. Elle repose là où le fleuve embrasse le rivage, tel un rappel silencieux des embarcations qui naviguaient jadis sur ces eaux. Cette barge demeure une figure centrale et emblématique du paysage riverain.
