L'Histoire de Lotherton Hall
Lotherton Hall se dresse comme une demeure de campagne majestueuse, nichée à proximité d'Aberford, dans le West Yorkshire, en Angleterre. Ce domaine, dont l'histoire est intimement liée à la lignée Gascoigne, fut acquis en 1825 par Richard Oliver Gascoigne. Après le décès de ses fils, la propriété passa entre les mains de ses filles, Elizabeth et Mary Isabella. Sous l'égide d'Elizabeth Gascoigne, la famille consacra une grande partie de son existence à ses domaines de Castle Oliver en Irlande et de Woodlawn dans le comté de Galway. Au fil des décennies, la demeure connut de profondes transformations : reconstruite en profondeur durant les époques victorienne et édouardienne, la maison et ses jardins furent remodelés et modernisés au début du XXe siècle.
Au cours du siècle dernier, l'édifice a traversé les âges en assumant des rôles singuliers. Entre 1914 et 1918, alors que le monde était en proie au conflit, la demeure servit d'hôpital pour les V.A.D. (Voluntary Aid Detachment). Un tournant majeur survint en 1969, lorsque Sir Alvary Gascoigne décida de léguer le domaine au peuple de Leeds. Ce geste généreux permit de préserver la résidence familiale et ses précieux trésors pour l'éternité. Dès l'année suivante, la demeure ouvrait ses portes au public en tant que musée des arts décoratifs. Aujourd'hui encore, elle demeure un joyau précieux au sein du groupe Leeds Museums & Galleries.
Le Bâtiment et son Architecture
Lotherton Hall est une demeure de campagne d'une élégance modeste, dont le caractère demeure profondément ancré dans l'époque édouardienne. Bien que la structure d'origine remonte à une période plus ancienne, l'esthétique actuelle de la demeure est le fruit de vastes rénovations et de modernisations entreprises au cours du début du XXe siècle. Ces transformations ont été méticuleusement conçues pour intégrer divers éléments architecturaux et ornements précieux, autrefois issus de la demeure géorgienne de la famille Gascoigne, située à proximité, à Parlington.
La maison préserve l'atmosphère intime et chaleureuse propre aux foyers de l'ère édouardienne. Cette échelle humaine permet au bâtiment de conserver un véritable sentiment de domesticité, malgré son passé de résidence privée. Les espaces intérieurs témoignent avec grâce de la transition stylistique entre la rigueur formelle du style géorgien et les exigences de confort et de convivialité de l' époque édouardienne.
Art et collections décoratives
Au cœur de la demeure, la collection s'enrichit du précieux « Gascoigne Gift », un legs magistral offert à la ville de Leeds en même temps que le domaine lui-même. Cette acquisition fondamentale constitue l'âme des collections de la maison. À travers les pièces, une multitude d'œuvres d'art et d'objets d'exception habitent les salons, tissant un lien intime entre l'histoire des anciens résidents et le tissu social de la communauté qui les entourait.
Les intérieurs raffinés abritent désormais une collection majeure d'arts décoratifs. Ces trésors sont mis en scène dans le cadre domestique du bâtiment, préservant ainsi l'atmosphère feutrée d'une demeure familiale de l'époque édouardienne. La disposition de ces objets a été pensée avec soin pour dialoguer harmonieusement avec les collections déjà présentes dans la ville.
- Olga Alberta, Baronne de Meyer, vers 1907 - William Bruce Ellis Ranken
- Peasants Dancing - David Teniers the Younger
- The Irish House Of Commons - Francis Wheatley
Expositions et histoire locale
Le premier étage de la demeure accueille chaque année une exposition thématique qui évolue au fil des saisons. Ces mises en scène narratives plongent souvent le visiteur au cœur de l'histoire singulière du domaine et de ceux qui l'ont habité. L'exposition Duty Calls, par exemple, a su retracer avec émotion les divers conflits où les membres de la famille Gascoigne ont pris part aux combats, explorant avec une grande sensibilité l'impact direct de la guerre sur la vie du manoir et de ses résidents.
Par ailleurs, l'exposition End of an Era offre une fenêtre intime sur le passé de la lignée à travers le prisme de la correspondance privée. Cette collection précieuse dévoile des lettres écrites par Sir Alvary à ses parents lors de sa carrière diplomatique à Tanger, durant la Seconde Guerre mondiale. L'une de ces missives relate avec un souffle historique une rencontre privée entre Sir Alvary et Winston Churchill à Casablanca, en 1943.
