L'Histoire du Domaine de Godolphin
Le domaine de Godolphin est une propriété du National Trust située à Godolphin Cross, à environ 7 km au nord-ouest de Helston, dans le comté de Cornouailles en Angleterre. S'étendant sur 550 acres (220 hectares), ce domaine majestueux englobe la colline de Godolphin, offrant des panoramas saisissants sur l'ouest de la Cornouailles. Il jouxte le village de Godolphin Cross, niché au cœur de la paroisse de Breage.
À travers les âges, ce domaine a constitué le siège prestigieux des comtes de Godolphin et des ducs de Leeds. La terre elle-même est un véritable livre d'histoire à ciel ouvert, recelant plus de quatre cents vestiges archéologiques documentés. Ces traces du passé, allant des enclos de l'âge du bronze aux structures minières du XIXe siècle, témoignent d'une longue et riche séquence d'occupation humaine et d'utilisation des terres qui a façonné le paysage cornouaillais.
L'Architecture de Godolphin House
Godolphin House s'élève comme un témoignage majestueux du passé, un édifice classé Grade I abritant un manoir de style Tudor/Stuart dont les origines remontent aux environs de 1500. La structure se déploie avec élégance en trois ailes disposées autour d'une cour carrée, bordée sur le côté sud par le mur d'un bâtiment ancien. Au cœur de l'aile est, une pièce du XVIe siècle a su préserver son lambris d'origine en relief, véritable chef-d'œuvre de menuiserie, tandis que l'aile jacobéenne fait face à l'aile de la salle principale. Sur la façade nord, l'aile jacobéenne se distingue par son profil crénelé et sa loggia de sept travées qui s'ouvre sur le rez-de-chaussée, conférant à l'ensemble une allure de demeure seigneuriale imprenable.
Le domaine recèle également plusieurs autres structures d'une importance capitale. Les écuries élisabéthaines, datant de l'an 1600 environ, bénéficient elles aussi du prestigieux classement Grade I. Cette distinction s'étend aux murs de la cour d'honneur ainsi qu'à une ancienne maison de fusion du fer-blanc. Ces édifices, par leur présence même, racontent avec éloquence la longue et riche histoire agricole et industrielle de ce site d'exception.
Les chefs-d'œuvre de la collection
La collection conservée au sein du domaine abrite des œuvres majeures de la famille Schofield, témoignant d'un lien charnel et profond avec le paysage local. Au milieu du XXe siècle, Sydney Elmer Schofield a réalisé plusieurs études captivantes, parmi lesquelles un croquis d'un jeune homme inconnu datant de 1940 et deux études d'un homme inconnu réalisées en 1961. Son pinceau parvient souvent à saisir la subtile présence humaine nichée au cœur du décor cornouaillais. Son frère, l'architecte qui a œuvré à la restauration du manoir, a lui aussi marqué l'histoire visuelle du site par son implication passionnée dans la préservation de la propriété.
Le paysage est également immortalisé à travers les toiles de Walter Elmer Schofield. Ses œuvres de 1940, Godolphin Woods et Godolphin Pond in the Snow, offrent une perspective saisonnière saisissante des jardins. Cette dernière pièce est d'ailleurs remarquable par sa nature duale, révélant Goldolphin Pond in Autumn au verso. Ces peintures constituent un témoignage précieux de l'environnement naturel du domaine durant une période charnière du XXe siècle.
L'œuvre de Robert Organ est illustrée par deux études saisonnières datant d'environ l'an 2000. The Fours Seasons: Spring fut peinte à Godolphin, tandis que The Four Seasons: Autumn dépeint une scène située à Saint-Antonin-Noble-Val, en France. Ces compositions viennent sublimer la perspective aérienne du domaine, magistralement capturée par Philip Hogben en 2000.
- A St Ives Fisherman (from a set of six portraits): Tommy Daniel (unfinished), 1940 - Sydney Elmer Schofield
- Godolphin House (aerial view), 2000 - Philip Hogben
Conservation et projets récents
La préservation de ce domaine s'apparente à un souffle continu de stabilisation et de restauration, un combat permanent contre le passage du temps. Depuis que la maison, les jardins et la cour de la ferme ont été acquis par le National Trust en 2007, des efforts considérables ont été déployés pour sauvegarder l'intégrité structurelle de ces édifices historiques. Un projet de conservation d'envergure a notamment été entrepris pour soigner l'architecture de la North Range, une intervention vitale pour prévenir le délabrement et l'effondrement potentiel de la façade historique de la demeure.
Bien avant ces mesures, les premiers efforts de restauration étaient portés par Sydney Schofield, qui s'était consacré à la renaissance du manoir. Depuis que la propriété est passée sous l'égide du National Trust, la mission s'est enrichie d'une nouvelle dimension : l'ouverture au public. Ces initiatives constantes veillent à ce que la trame physique du site demeure intacte, tout en invitant les visiteurs à une rencontre intime et continue avec ce paysage et ses bâtiments séculaires.
